Assise sur ton lit, je fixe les murs orange de ta chambre. 45 minutes que j'attends ton retour, précisément. Je m'étends, ferme mes yeux, j'attends et finalement, je me rassis. Je m'occupe a regarder tes posters accrochés aux murs. Led Zepplin, Jimmy Hendrix, les Rollings stones et ACDC sont accrochés à ton mur. Il y a aussi tes dessins, parfois abstraits, parfois réalistes. Tu as le coup de crayon peu importe le sujet. Je suis impatiente de te revoir et d'entendre le récit de ta journée. J'ai hâte de fouiller dans ton sac a dos, de te taquiner, de te faire rire et sourire, tout simplement d'être avec toi Maintenant 1 heure que je tape du pied en t'attendant, tu n'es toujours pas la. Et tout a coup, comme une claque en plein visage, je me souviens. Déjà 4 ans que tu ne rentres plus tous les soirs. 4 ans que tu ne me serres plus dans tes bras, que tu ne me parles plus, que tu ne me souries plus, que tu n'es plus la, tout simplement. Je le sais, et même trop bien. Mais il reste encore de ses jours où mon espoir prend le dessus sur ma logique. Et dans ces cours instants, j'arrive à croire que tu rentreras à la maison comme cela aurait toujours du être. Il y a maintenant plusieurs printemps que tu a quitté ce monde. Comment aurais-je pu me douter que ce doux jour du mois de mars serait notre dernier? Tout était comme à l'habitude. Pourtant, quelques heures plus tard, on m'annonçait que je risquais de perdre mon grand frère. J'ai passé une semaine à tes cotés dans une chambre d'hôpital vide et froide. Seuls les battements de ton coeur faible mettaient un peu de vie dans cette pièce sombre. Sept jours remplie d'espoir et de peur, à attendre le verdict. Toutes ces heures que j'ai passée seule avec toi, a tenir ta main ou a me blottir contre toi, en écoutant ton coeur se débattre pour vivre, je ne les oublierai jamais.Quand le bruit strident que je redoutais tant a retentis, j'ai sentie la terre se dérobé sous mes pieds. Je me suis accrochée à la table de chevet aussi fort qu'a mon espoir. J'ai vu les infermières et les médecins se jeter sur toi et essayer de te tenir en vie. Je voyais bien qu'ils étaient presque en état de panique. Ils n'ont rien pu faire. Je n'avais même pas complètement réalisé ce qui se passait que déjà on me disait qu'on avait rien pu faire pour te sauver. Pourquoi? Voila la première question qui m'est venu en tête. Pourquoi toi? Pourquoi tout de suite? Je n'en savais rien, personne ne savait, et même aujourd'hui cette question reste vide de sens a mes yeux. Tu avais tant a vivre encore. Tu devais devenir policier, accomplir tes rêves, avoir une femme, et peut-être même des enfants. Mais tout ce scénario tombait à l'eau. Au début, j'étais aveuglée par ma peine. Je me noyais peu a peu dans mes larmes et dans mon chagrin. Mon coeur pesait aussi lourd qu'une brique. Il était de trop dans mon corps tenailler par la douleur de ta perte. Je ne voulais pas y croire. Tu allais revenir. La seule chose que j'ignorais, c'était le moment de ton retour. J'étais presque certaine que les médecins s'étaient trompés ou que c'était une mauvaise blague. Tu n'avais pas écrit tout ton histoire, non, tu n'avais pas finis de vivre. J'ai bien du affronter la vérité un jour, malgré moi. La vision de ton corps allongé dans ce cercueil m'a fait réalisé que ce n'était pas qu'un cauchemar, mais bien la pur réalité. Une réalité cruelle et injuste, mais je n'y pouvais rien. A partir de ce moment, je dois avouer en avoir voulu au monde entier. J'en ai voulu a Dieu de t'avoir enlever la vie, de t'avoir arraché a moi. J'en ai voulu a maman de m'avoir rassurer que tu allais bien, quand en fait, tu étais allongé au beau milieu de la rue. J'en ai voulu a cet homme d'avoir bu avant de prendre le volant, et de t'avoir happer comme un vulgaire chevreuil. J'en ai voulu aux médecins de ne pas avoir pu te sauver la vie. J'en ai voulu à ton meilleur ami de t'avoir appelé pour que tu ailles chercher ton cartable. Et finalement, je m'en suis voulu a moi-même de ne pas t'avoir retenu quelques minutes de plus a la maison. Parce que quelques minutes auraient pu changer toute ta vie. Un autre aurait pu être frapper a ta place, ou même, personne. Mais cette haine a finis par se dissiper lentement, et j'ai réussi à pardonner, parce qu'au fond ces gens n'avaient rien fait, pour la plupart d'entre eux. Et j'ai réaliser qu'en vouloir a tout le monde ne te ferais pas revenir. Il ne restait maintenant que la souffrance que j'éprouvais en ton absence. Cette douleur qui me rongeait de l'intérieur, me bouffait et me tordait le c½ur sans répit. Je me remémorais sans cesse nos souvenirs croyant que cela allait réparé mon coeur briser. Je me rappelais ta voix, ton visage, ta manière de me consoler, ton rire, ton sourire et tes câlins. Ces soirées passées près du feu a joué de la guitare. Quand nous allions nous chercher un Sunday au coin de la rue et que tu me disais que le mien avait toujours l'air d'être meilleur que le tien tellement je souriais en le mangeant. Quand nous nous couchions devant la grande fenêtre du salon enrouler dans nos couvertures en regardant les orages éclatés. Je pourrais continuer des années comme ça tant nous avions d'<<Insides>> nous deux. Cela peux paraître fou au yeux de bien des personnes, mais en fermant les yeux quelques minutes, j'arrivais et j'arrive encore à sentir ton odeur, comme si tu étais a mes cotés. Certaines personnes m'ont dit que c'était purement ''psychologique'' mais moi je savais que tu étais près de moi. Les radios ne changent pas de chaînes toutes seules, les crayons ne se déplacent pas non plus, je ne fais pas de télépathie avec les animateurs de radio, les vêtements n'apparaissent pas dans les tiroirs, les chats ne penchent pas la tête en miaulant pour rien, les chronomètres ne sonnent pas si on ne les programment pas, Il n'y a pas d'arc-en-ciel en hiver et les rêves ne sont pas toujours imaginaires. Je sentais ta présence près de moi. Les coups de vents glacés du mois de Juillet se tuaient a me faire comprendre que tu étais bien la. Tu m'as sûrement serré plus d'une fois contre toi, j'en suis sur. Dans le noir, j'avais toujours l'impression que tu rapprochais encore plus de moi. Partout où j'allais, je savais que tu n'étais pas loin. Tu marchais à mes cotés en essayant de m'empêcher de tomber. J'étais certaine qu'en étirant un bras, je pouvais frôler ta peau sans même m'en rendre compte. Tu étais comme mon ombre, me suivais partout. Aujourd'hui, je comprends pourquoi. Je comprends que le fait que j'aille mal t'attirait constamment vers la terre et t'y retenais. Je t'empêchais de finir ta ''mission'', de passer à autre chose. Sur cette terre, ta vie était bien terminé, mais pas là-haut. Tu avais autre chose à accomplir, mais avant cela, tu devais t'assurer que j'acceptais ton départ et que je le vivais bien. Le fait que je ressente ta présence ne suffisait malheureusement pas, j'avais besoin de plus.Tu m'as montré que j'avais des amis près a tout pour m'aider et qui m'aimais. Tu m'as montré que ma vie a moi continuait ici bas et que j'avais autre chose à accomplir. Mais ma douleur empiétait toujours sur ce que tu voulais me montrer. Et tu as finis par trouver la chose qui m'aiderait vraiment à surmonter cette dure épreuve. Je ne sais pas si tu étais certain de ce que tu faisais, mais je t'assure que tu as fait un choix merveilleux, le meilleur. Tu m'as envoyé la personne idéale, la personne qui manquait dans ma vie. En cette personne, j'ai puisé la force et l'espoir. Et je ne te remercierai jamais assez de l'avoir placé sur mon chemin car c'est sûrement la plus belle chose qui me soit arrivé dans la vie. Au moment où j'écris ce texte, je tourne une page de ma vie. Elle est toujours la, bien présente dans mon histoire, mais elle est derrière moi. Je n'éprouve plus de souffrance quand j'entends ton nom. Je ne pleure plus quand j'entends tes chansons favorites. Je ne serre plus mes bras autour de moi comme pour retenir mon âme de se déchirer en deux quand je pense à nos souvenirs. Il ne reste que la joie. La joie de t'avoir connu, d'avoir été ta soeur et de t'avoir aimé. C'est certain qu'il y a encore des jours où tu me manques et où je verse une larme, mais le pire est passé. Et, pour terminer, je voudrais dire aux gens qui lisent ce texte, si jamais quelqu'un le lis, que tout le monde part un jour et qu'on peux rien y faire. Il faut simplement accepter ce départ même si cela nous déchire le c½ur en deux. Il faut rester fort et se battre pour eux, ne jamais abandonné peux importe ce qui arrive. Nous avons le droit de nous effondré de temps a autre, car c'est loin d'être facile tous les jours, mais chaque fois que vous tombez, relevez-vous. Regardez comment à chaque chute, vous prenez de la force et de l'assurance. Appuyez-vous sur les gens qui vous aiment autour de vous, ils sont la pour ça. Prononcez leurs noms comme vous l'avez toujours fait, riez des choses qui vous faisaient rire, allez dans les endroits ou vous alliez. Ne marcher pas dans mes traces, Laisser la souffrance en vous ne vous mènera nul part, mais sourire vous apportera beaucoup. Continuez a les aimés comme vous les avez toujours aimés. Et finalement, laissez les partir vers un monde meilleur, parce qu'au fond, les anges ont des ailes pour s'envolés..